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opinionMinoritaire

Des pistes de lecture pour vous, pour moi une sorte de mémoire externe, publique celle-là, mais qui sait pour combien de temps...

Info gratuite, source unique Tahit-infos. Sorte de digest

Publié le 12 Mai 2014 par Djef Bernier in revue de presse

La presse gratuite ne s’embarrasse pas de paraître libre et je ne sache pas qu’elle est particulièrement lue. Comment se fait-ce ? D’après quelle source ? Croyez-m’en le number one c’est le programme télé. Heureusement ce phénomène de boycott intellectuel nourrit quelques franches tranches d’exceptions, et puis l’information trouve son chemin par ailleurs bien aidée il faut le dire par la révolution vidéo. Quant aux brèches maohi de la couverture internet la télévision, un peu la radio, continuent de colmater.

Ainsi de nombreux buts sont atteints et la plupart m’échappent forcément, le retour de la parole mais cette fois-ci elle ne s’envole plus que très relativement, la nourriture informative est administrée, distribuée dans la nuance auprès de publics segmentés via des variations de format, la publicité et les opinions récoltent tout autour des esprits en fuite, en fuite mais pas bien loin des bordures et autres encadrés ; c’est un peu comme un feu d’artifice caractérielo-sémantique - pas facile de n’y voir qu’un seul fil, enfin bon c’est la presse papier l’oeil joue de droite et de gauche, de redites en épisodes, d’annonces en révélations chiffrées... Tout est forcément vrai et vérifié ; alors l’enfumage que tant de porte-voix dénoncent ne se réalise pleinement que s’il on fait notre part et semblant de lire.

A toute chose malheur est bon et ce refus de suivre les raisonnements sans pouvoir s’en défendre qui constitue le gros du flouz objectif (liaison importante) qui s’entretient tranquillement, permet fort heureusement à la population-vie polynésienne de suivre son cours bon an mal an mais quoiqu’il en soit ilien au milieu d’une ZEE plus grande que l’Europe, quoiqu’il en soit également, et pour tout dire, aux antipodes géographiques de vous compatriotes français, ami, cher lecteur.

Durant que tout s’effondre, ici aussi les stigmates de la décadence irradient bien au-delà du quidam qui les porte, ici où tout le monde se connaît, tout se sait...

En pareil biotope je ne donne pas cher des pouvoirs d’argent si les papotages s’ouvraient à la sphère publique de l’internet en faisant fi des foudres judiciaires en matière de diffamations, de publicité mensongère et j’en passe, l'égalité a-t-elle seulement un jour été de ce monde ?

Le Tsunami peut-il un jour prendre cette forme, avalanche de délations en tous genres et tous sens dans le but d'interpeller X, considérant pour s’autojustifier que la justice est submergée déjà en l’état actuel des remontées, et que des maux malfaisants comme les licenciements abusifs par exemple, dossiers qui s’amoncellent dans la salle d’attente méritent à tout le moins des délais de traitements raccourcis ?

D’un appel à la désobéissance et la délation enfin reconnue d’utilité publique il n’y a pas loin. Sans enlever qu’il y a bien des histoires qui mériteraient audience si tant est que l’information soit là pour pointer les empêcheurs de moderniser notre île proprement...

Tout papier d’info est là pour inciter tout un chacun à rester sagement à sa place et se tenir dans les clous. Tout papier d’info constitue une base de communauté d’idées héritées de faits mis en lumière, ordonnancement, son et lumières avec un ou deux brins de bonheur actuel. Laissez-moi vous narrer ce périodique gratuit du 7 mai.

Commençons par le bonheur actuel, nous avons gagné et je tiens à remercier tous les signataires d’e-pétitions pour contrer les gazages toxiques en vue de contrer des épidémies que véhiculent l’insecte piqueur maudit, si méchant qu’il pique même le président.

Nos murs gris, nos façades crasseuses, nos bâtiments routiers, nos rideaux metalliques, le saviez-vous Tahiti en possède un grand nombre, ont été le support d’un concours de Graf, je vais vous en donner résultat mais quelque soit le podium de l’évènement la compétition est passée à la postérité, on aime on aime pas, on y croit on y croit pas, ça change du gris, le tag met de la couleur et deale des bombes de peintures et quelques masques à gaz.

Enfin je suis bavard et me contient de trop vous surcharger de visions prométeuses, il y a une belle initiative d’environnement que je vais vous détailler. C’est la grande nouvelle, celle du recul de l’Etat et de la prise de conscience, concurrencer Hawaii c’est avant tout et principalement bien nettoyer notre Fenua.

Depuis le statut d’autonomie et des ministères en veux-tu en voilà, discuter avec le colonisateur c’est faire du transatlantique, s’inspirer d’Hawaii pour insuffler vie au tourisme de masse, aussi. Trop peu de poubelles ? Que vient nous prodiguer ce papier ? Une parole de ministre c'est déjà pas mal. Dans un Pays qui survit au quotidien avec deux trois cents mots pour les plus imaginatifs, une parole de ministre ça compte, accrochez-vous bon citoyen. cela concerne dans son fondement une entreprise jeune de deux mois qui va nettoyer 23 sites identifiés. Elle a remporté l’appel d’offre du ministère du tourisme et de l’écologie, qui regrette au passage que les communes ne prennent pas plus soin de leurs plages. Mais pas dans l’extrait que voici, le passage entre parenthèses.

"Ce que j’ai voulu faire, essentiellement, c’est marquer l’engagement du Pays en matière de protection de l’environnement et de soutien aux associations bénévoles qui font un travail remarquable. On ne pouvait pas rester là les bras ballants à les regarder. Il y a également une sensibilisation des populations qui est projetée, pour leur dire revenez à un certain civisme, ne laissez pas vos déchets sur les plages.»

Quid des motifs cachés c’est une citation en deux pavés... Il nous est précisé que cette initiative s’inscrit dans autre chose de plus vaste, utile transition :

«derrière tout cela nous avons une politique sectorielle sur l’environnement qui devrait être mise en place dès le mois prochain, après avoir passé l’écueil de l’assemblée nationale de Polynésie. Nous allons remettre les détenteurs et producteurs de déchets devant leurs responsabilités. Il s’agira aussi de réduire le nombre de déchets, de mieux les collecter et de les valoriser en bout de course.»

En polynésien derrière veut dire après... Et si vous voulez connaître l’ampleur d’une idée ou d’une mobilisation parlez chiffre.

L’info perd et je le déplore, beaucoup sans sa pagination «»En chiffres : 7. C’est en millions de francs cfp le prix du nettoyage de toutes les plages de l’île»».

23 sites pour qui voudrait suivre les errements du raisonnement...

Ce ministre qui a visité les plages américaines (toutes? qdr) assure: nous avons encore des progès à faire (niveau propreté, ndm?), la législation américaine est beaucoup plus contraignante. Mais cette approche, nous y avons travaillé depuis des mois et nous allons proposer dans les mois qui viennent une loi de Pays qui viendrait donner un cadre à l’action publique pour interpeller les detenteurs et producteurs de déchets. Mais créer une police de l’environnement (serpent de mer préélectoral usé jusqu’à la corde, ndr) serait compliqué (vu les restrictions sur la création de postes dans la fonction publique, ndm?), aussi je souhaite aujourd’hui favoriser l’action privée pour avoir un effet pérenne»

Finir sur un tel vocable j’avoue que ce ne serait pas politiquement correct, même si ça fait quand même un peu chute. Dernière phrase de l’article signé JFdF : il ajoute qu’une interdiction de fumer ou de manger sur les plages publiques «serait tout à fait possible»

Ca se passerait presque de commentaire.

Alors fuyons deux pages plus loin pour la page santé. ML courageux journaliste traite le sujet de la démoustication avortée (mais commencée de ci de là) avec un titre qui n’annonce pas clairement son ton plus qu’incisif

La démoustication arrêtée mais pas achevée.

La bonne nouvelle actuelle selon mon opinion minoritaire. Ceci n’exclut en rien de ruer dans les brancards au cas où il leur prendrait l’envie d’y revenir, sur cet aspect de l’info les autorités apprécieront et vous aussi je l’espère.

«Ce devait être un plan de démoustication généralisé avec dégitage préalable dans les quartiers, puis pulvérisation d’un insecticide dans toutes les communes de Tahiti et de Moorea en priorité. Pour agir dans la durée les autorités expliquaient alors que le même mode opératoire serait reproduit à l’identique, quelques semaines plus tard» Une liste des empêchements plus loin, et sans parler de la pluie qui s’est jointe à la grogne : le deuxième passage de dégitation et de pulvérisation, qui semblait essentiel à l’origine, n’a pas eu lieu.

ML a failli manquer de place pour le chiffre qui va bien, il est entre parenthèses dans la dernière phrase, toujours chiadée par principe : les services du Pays procèdent actuellement au retour d’expérience sur cette opération (dont le coût est au moins de 40 millions de Fcfp) qui laisse un sentiment d’inachevé.

Un sentiment d’inachevé, voilà bien un sentiment purement journalistique... Ca me rappelle que si nous voulons de la reconnaissance il vaut mieux élever des chiens qu’écrire dans la presse gratuite, entre autres. Si vous voulez le détail

Si vous avez tenu jusque là de suivre cette avalanche de bonne presse je vous offre une surprise, vanité des vanités, un bijou de synchrétisme, et à la mode en plus, juste sous l’article santé que je viens d’évoquer, à usage donc de ceux qui savent déjà tout de cette affaire de moustique.

Violence faite aux femmes, Déconstruire les stéréotypes, Pas croyable n'est-il pas ?

Riez au top, l’article n’est pas signé, top.

L’Etat a débloqué ce lundi un fonds spécial de 118 millions de Fcfp pour lancer des appels à projets sur le sujet des violences faites aux femmes en direction des départements et territoires d’outre-mer dont la Polynésie... Version internet du papier, qui, elle, ne proclame pas sur image de fond et vieil effet psp de floutage des bouches : la violence c'est ce qui ne parle pas.

En voilà du crédit :Dans le cadre d’un 4ème plan interministériel de lutte contre les violences faites aux femmes. Un plan spécial de l’Etat me dit-on qui ne va pas sans une déclinaison territoriale de la prévention menée en la matière. Ainsi le ministère de la solidarité et des droits de le femme de Polynésie participe activement à ce programme de prévention.

Fi des flonflons journalistiques je vous balance tout de suite l’entre parenthèses ministériel, une femme nommée Manolita Ly qui espère particulièrement, « permettre une prise de conscience des stéréotypes liés à la représentation des hommes et des femmes dans la société et favoriser la déconstruction de ces stéréotypes pour tendre vers une plus grande égalité entre les filles et les garcons avec une meilleure intégration de cette notion d’égalité dans les familles et foyers polynésiens»

...,ndr.

Le pays souhaite également la réalisation d’une enquête approfondie pour mesurer les faits de violence et de leur impact (social, familial, sanitaire, économique...).

beau coupe à regretter dans les quelques lignes, je vous livre la dernière, on dirait du JFdF : Manolita Ly veut initier une politique familiale forte, selon un communiqué de presse officiel, qui ne fixe en revanche aucun délai.

Par la suite il y a de belles choses, dont le concours de Graf, Premier prix l’américain, deuxième Nouvelle Zélande, belle surprise le français est sur le podium avec en oeuvre le faciès plutôt réussi d’un gorille grognant, le nez assez froncé.

Tahiti-infos, c’est gratuit mangez-en.

A la rubrique climat vous avez l’annonce des USA, son président bouche ouverte et sa main gauche en photo, la maison blanche appelle à agir d’urgence face au changement ou si vous voulez la rubrique histoire traitant d’un des missionnaires descendus du navire anglais Duff, tahitien de coeur fidèle jusqu’à la mort dont l’épitaphe dit qu’il est «précurseur du tahitien». Un quart, trois quarts. A la page Pacifique une forme inédite de grippe aviaire détectée chez des manchots d’Antarctique, une panne de moteur d’un avion à Melbourne, un 27e journaliste tué, euh non, "abattu" aux Philippines, début du phénomène suivi 2010. Son petit encart pour ceux qui auraient moyennement faim, rubrique Vite Lu symbole une loupe : 6 blessé dans une attaque à l’arme blanche dans une gar de Canton, dernier en date d’incidents similaires attribués par les autorités à des «terroristes» du Xinjiang (AFP)(si les parenthèses sont là pour faire état d’une citation...)

Les pages France et Monde contient beaucoup de petits formats, une info peut-être vous aura échappé, dans Espagne : lutte contre une invasion de serpents albinos aux Canaries. Incroyable cette frilosité à l’intégration des nouveaux venus, cet AFP est partout cela dit.

A la page Sport la rubrique vite lu frôle le quart de page pour mon plus grand bonheur, parce qu’en ce moment je me suis transversalement penché sur l’étude des probabilités sur le réel et voilà fort commodément un cas pratique, à la rubrique Tennis. Roger Federer à nouveaux papa de jumeaux. Quelle chance y-a t-il «normalement» ? Peu mais des cas de grossesses multiples ça c’est déjà vu. Oui mais coup sur coup 2+2... Passons mais encore ? Deux filles et maintenant deux garçons... Pas possible j’en crois pas mes yeux à moins que, l’article n’est pas fini : son retrait pour assister sa femme sur le point d’accoucher s’est ajouté à celui de Djokovic, victorieux en 2011 mais blessé à un poignet.

C’est tout, tant pis mais bon au moins je connais les prénoms de toute la fratrie.

Une dernière précision, l’affaire du concours de Graf s’est déroulée sur des containers en guise de «chevalet», couleurs imposées, celle du drapeau polynésien pour la première manche et puis mot imposé, apparemment tirage au sort pour la finale de 10 participants. Le Français troisième c’est Kalouf et si j’en crois la photo le mot tiré au sort c’est «What’s Up !!!», mais c’est bien sûr ! Le soleil... Le Marite s’appelle Master et le Zélandais Api Berst.

Vous avez tout en main pour approfondir tout l'intérêt de distribuer de l'information à tout va. Portez-vous bien et au plaisir de vous lire.

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NOURATIN 13/05/2014 16:50

Sacré article, mes compliments!
Déjà je suis bien content que vous ayez gagné, ça prouve que parfois avec de la détermination et en expliquant bien, on peut y arriver.
Après, je ne puis me défendre d'un certain malaise. Tahiti devait être un vrai paradis avant que la civilisation occidentale n'y fasse ses ravages. Je crois que la Polynésie n'avait pas besoin de nous, elle avait de quoi bouffer, de beaux paysages et de jolies filles qui viraient matrones avant même qu'on ait le temps de les déguster pleinement. Et je crois que dans de telles conditions on vit bien et on n'est pas bête. Alors qu'aujourd'hui, peu à peu, les choses virent banlieue et l'objectif de Tahiti c'est d'imiter Hawaï.
C'est assez triste, à mon avis, mais je puis me tromper...
Amitiés.

Djef Bernier 13/05/2014 19:04

Le plus politologue de nos intervenants média a fait remarquer un soir d'info locale que si ç'avait pas été les Français, quelque autre nationalité aurait colonisé, une mode chaque époque en a son lot. Alors c'est la France mais elle s'est bien tropicalisée l'influence/ Je ne sais pas si le bouquin qui te donne cent fois raison et qui s'appelle Tahiti, la douleur de vivre est encore dispo... Ce qui est certain c'est que l'esclavage ici c'est comme qui dirait une obligation, du bon peuple par le bon peuple. De cet article je garde le souvenir de ma consternation en lisant violence aux femmes, sous-titres déconstruisons les stéréotypes. Un bon observateur me disait un jour comme je m'échauffais de la bétise, qu'ici être local c'est avoir l'intelligence de sa connerie. Au plaisir de te lire.

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