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opinionMinoritaire

Des pistes de lecture pour vous, pour moi une sorte de mémoire externe, publique celle-là, mais qui sait pour combien de temps...

Un petit bout de merdier français

Publié le 5 Mars 2014 par Djef Bernier in Tahiti

Enfin français... oui indéniablement, c'est écrit un peu partout. A peine bouclé le titre je jouerais de scatologie pour annoncer que la république nous a mis dans le même cloaque que vous ? Non, je ne crois pas. Cette île est française mais faut juste le dire vite, car c'est loin d'être central, bien sûr fondateur mais de là où se tient la conscience populaire, sous nos bons auspices scientifico-touritiques, dans nos larges frontières physiques que sont la mer et la terre les corps ont atteint un niveau de trouble de la personnalité tantôt abyssal tantôt stratosphérique !

Mon bon ami, cher lecteur, je vous demande bien pardon pour le délit d'opinion minoritaire que je m'apprête à commettre.

Ce jour je me suis dit que j'allais vous écrire ce que je n'ai jamais lu ailleurs. Je vous rassure, rien que des petites choses invendables qui auront cependant le mérite de remettre en lumière que l'observateur modifie ce qu'il observe.

Je ne sais pas vous mais je trouve que c'est très peu remarqué, il s'agit pourtant d'une clé de lecture du monde bien en deçà de la notion d'ésotérisme.

Il faut avoir vécu en pays étranger dans cette peau que je porte et que je vous brosserai un de ces 4 dans pourquoi moi.

Il faut aussi avoir intégré le clavier comme une interface mutant l'ancestral cri cathartique de la bouche vers les doigts. Internet comme un porte-voix qui donnera une visu au vocable, dans une minute, dans un an, jamais... Et alors ? Ca n'a pas empêché des gens de hurler, comme çà tous seul face à l'immensité qu'on pourrait bien croire indifférente.

Plus on en sait plus il faut en taire, voilà qui n'est pas partie de mon très onéreux point de vue minoritaire.

Je veux vous parler de nos touristes mais attention les vrais, ceux qui vont se saigner aux quatre veines pour fouler nos plages, pour goûter notre offre. Et sans vous faire l'article encore - comme je disais des petites choses. Mais bon, commençons par la plus grosse de ces petites choses : l'accueil polynésien. Je ne sais pas vous mais lorsqu'il a été susurré sur un quai de croisiéristes qu'il n'est plus ce qu'il était moi j'y ai cru, et pas qu'un peu. Pourtant je n'y assiste pas... enfin ça fait un moment qu'on ne m'a pas fait le coup de la fête.

De ce que j'ai vu des réactions en place médiatique identitaire ils ont nié en bloc et déroulé. Déroulé quoi ? Rien ! Juste déroulé, ce n'est qu'une fable.

D'où vient ce décalage, je subodore que c'est l'effet backstage qu'on connaît ailleurs sur tant de sujets.

Ce qui est des croisiéristes, c'est entendu ils font du bien, mais ils sont loin, tous respectables qu'ils soient sur les plan de l'aventure et de l'âge, de la clientèle de masse qui a besoin d'un élan de séduction.

On sait bien ce que viennent faire les navires à quai, ils ravitaillent. Les passagers eux, peuvent s'ils le désirent prendre l'air en ballade accompagnée, à pieds en bus ou par bateau c'est quartier libre en échange de quelques devises.

Et comme vous aimez les clics laissez moi vous proposer un blog un peu nul si on se penche dessus une dizaine de minutes.

http://vivre-a-tahiti.over-blog.net/

A mon humble avis il est tout à fait truffé de bêtises mais au moins pour ce qui est de vivre à Tahiti en faisant le touriste il est bien renseigné. Il ne faut pas chercher longtemps pour y lire des énormités. Je vous laisse juger sur pièces, apparemment il a peu de lecteurs ; j'en connais d'autres.

Ah nos touristes qui font du bien à l'économie et qu'on accueille comme nul par ailleurs... Même quand on voudrait parler des usagers de l'hôtellerie, des pensions de famille et des trop rares campings tout ce beau monde finalement s'organise entre soi pour ce qui est le plus important : partager le rêve à bien y réfléchir un peu effrayant de s'être de manière aussi radicale mis à l'écart du monde.

Bien sûr il doit s'en trouver quelques exceptions mais disons que le mélange avec la population locale est tarifé, sous une forme plutôt que sous une autre, l'argent vous l'aurez compris. Et tout bien pesé tout sauf original : se pêter la panse et picoler.

Eh oui, je vous entretiens de ces gens qui vont en sortir rincés pour l'année voire plus, car au milieu de nulle part il faut bien s'amuser un peu trop.

Je ne suis pas le premier à prendre l'air de dire que le tourisme sous nos latitudes revient cher, s'agrémentant de la visite de plusieurs îles le prix de revient s'envole et la prochaine fois vous vous ferez plaisir moins cher. La Polynésie le voyage de toute une vie...

On nous dit que l'enquête de satisfaction n'est pas super bien développée, j'estime que lorsqu'on sait que la plus grande majorité de nos touristes d'années en années se voient proposer d'autres destinations non pas seulement moins chères mais plus attractives, et de loin, c'est pas bien la peine d'approfondir, si ?

Ici on vous dit volontiers qu'un tel endroit ça doit concrètement se mériter, d'autant plus volontiers que c'est loin d'être faux.

Cependant pour un long courrier c'est un éloignement tout relatif.

Pour les européens c'est bien sûr l'occasion de se taper le plus beau Jetlag de la planète, mais là encore on est loin d'être seuls à vous l'offrir, dommage, le Jetlag c'est vraiment agréable, surtout dans le sens de l'aller...

Comment tu t'appelles ? C'est quoi ton travail ? Jusque là rien que de plus ordinaire et puis... tu pars quand ? Là, toujours en troisième position c'est un peu déstabilisant, mais pas de quoi s'inquiéter cependant car c'est une information très importante, une donnée d'analyse. Selon que vous restez longtemps ou non votre séjour pourra prendre de l'ambition. Le voyage de toute une vie je vous dis.

Les chiffres sont sans appel, la destination est quasiment sur le segment confidentiel...

Se pourrait-il par exemple que le concept Airbnb de tarifer l'hébergement à domicile puisse percer dans les îles, ainsi le client n'aurait pas à s'inquiéter que de ne pas transiter trop longtemps à Tahiti. Mon avis c'est que la destination Tahiti brise plus de rêve qu'elle n'arrive à en susciter, sûrement parce que le blog mis en lien un peu plus haut n'a pas l'audience qu'il mérite.

Et sur la révolution du tourisme qui attend notre petit bout de France les grands projets hawaiiesques sont en voie de démarrage, effets attendus dans beaucoup de dodos... Pour le moment on en est à des discutions histoire de voir si on ne pourrait pas simplifier le code du travail, ou alors juste l'assouplir pour plaîre à nos investisseurs chinois qui soyons sûrs au moins de cela voudront nous apprendre c'est quoi bosser les trois huit en deux équipes si on les laisse faire les délais.

La polynésie de la république n'est pas bâtie comme une terre d'intégration, et le mal-être plus pécunaire qu'identitaire (quoiqu'il fût un temps, et de nos jours y'a encore des endroits épargnés) a déjà ravagé plusieurs générations de ces indiens d'avant qu'on a conscientisé au règne de l'argent et de la puissance militaire (pour faire nos essais clairement et super pratiquement au milieu de nul part).

Selon toute vraisemblance c'est prévu pour durer encore un moment avant que des choses changent, ou tout simplement pètent. Ou bien plus probablement se grippent...

Ici le bon peuple de France ne s'en fait pas trop, l'océan veille et c'est lui qui décide.

Nous sommes des îles et la seule chose véritablement importante eh ben c'est le ravitaillement. Quand un touriste arrive il est l'argent qu'il a à dépenser, tous ont le bénéfice du doute au moment de franchir les seuils et autres portiques.

Y'a comme partout des variations de niveau dans l'enthousiasme, et dans l'attente qu'il a suscité, la fameuse réputation...

Ce n'est pas pure fainéantise si je ne vous colle pas tant en tant de photos en colliers, pour terminer par celui de nos élites qui en ont jusqu'aux narines.

Pour ce faire le lien un peu plus haut vous en donnera pour votre envie de regarder des images, de belles images.

Je vous offrirais bien deux trois vidéos que je serais allé chercher sans fard ni paillettes dans une petite localité au coeur d'un immense archipel, nul doute que celui-ci vous apparaîtra parmi les plus beaux et les plus délectables ; mais y'a peu de place pour le tourisme équitable.

Au plaisir de vous lire

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le brebis galleux blog 05/04/2014 21:11

C 'est interessant de lire tout ça, car la France me fait chier. J'ai vécu un temps en Allemagne, je baragouine donc l'allemand, mais je ne m y suis pas fait un seul ami (ou seule amie) heureusement que j'ai ma Laïka.
je ne sais plus quoi faire, retouner en Allemagne, mais les voyages m'ont bouzillé le dos. Chriss a de la chance, elle vit en Italie. je parle italien, l'ayant appris, mais j'ai peur d'^y être décu, car les myhes s'écroulent vite face à la réalité...
En tous les cas, c'est fort nourrissant de lire cela. Mais comme je découvre ton blog, tu es de là-bas ou tu t'y es expatrié...Tu as un article qui présente tout cela, ce parcours qui est le tien ?

Djef Bernier 06/04/2014 01:50

Ce blog est en fait une fin de parcours, j'ai quitté paris pour Tahiti en 2002 avec une femme que j'ai achevé de parasiter quand elle est rentrée avec notre fille en 2010. Pour ainsi dire je n'ai jamais trouvé à m'insérer durablement dans la vie active. Je crois être un nomade qui n'arrive plus à voyager, une sorte de Rom. Sans mes parents, je n'aurais ni internet, ni ordinateur, ni rien à manger, ni toit ni couche ; ma vie est un tel merdier que ça milite pour l'euthanasie ; aussi je parcours la blogosphère en espérant y trouver quelque chose de motivant. Ta prose en fait partie. Au plaisir de te lire

le brebis galleux blog 05/04/2014 21:11

PS : Laïka, ma chienne Husky...

Djef Bernier 10/03/2014 18:13

Alors là je suis d'autant plus d'accord avec toi que mes parents reviennent d'un séjour à Hawaï, figure-toi qu'il y'a le shopping là-bas (j'en ai retiré une paire de savates qui va durer deux ans si on me les chourre pas à l'entrée d'un parc ou d'une mosquée ;-) Elles sont bleu blanc rouge c'est pas les plus courrues. En ce moment c'est plutôt jardin comme la mer est forte et les courants méchants. T'as vu Laurent Louis arrêté à Mons ?? Au plaisir de te lire

NOURATIN 09/03/2014 16:24

Je ne sais pas trop...le tourisme salit tout, le tourisme de masse encore plus. Pour nous, en métropole, la perspective de vingt heures d'avion et la peau des fesses que ça coûte c'est suffisamment dissuasif pour qu'on vous foute la paix. Les Amerloques et les Australiens sont plus près, tout étant relatif, mais faut il vraiment aller chercher ces gens là? Les devises c'est bien mais tant qu'on a du poisson et des petits cochons on n'en a pas tant besoin que ça.
Moi, je serais toi, je garderais tout bien comme c'est et j'irais à la pèche.
Amitiés.

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